Avec ma gratitude au kendo … (1)
Auteur: Shigeo SUGIYAMA, professeur honoraire à l’université de droit politique, Directeur honoraire de la section Kendo de l’université de droit politique.
(Editorial de la revue Kenso juin 2001-N°238. )
J’ai été chargé de la direction de la section Kendo de l’université de droit politique au printemps de Showa 45 (1971).
L’année précédente, alors que j’étais doyen de faculté, plongé en plein conflit d’académie, exténué, je passai un examen médical sérieux qui mit fin à mon surmenage, et le médecin me conseilla fortement de me mettre au Kendo.
Au printemps suivant, alors que je m’habituais à fréquenter le Dojo, Yoshikazu (2) MARUYAMA (professeur Hanshi), directeur de la section parvenu à l’âge de la retraite se retirant, j’acceptai sans plus y réfléchir de lui succéder.
De même qu’un amateur mal en point, le but essentiel de ma présence régulière au Dojo était de recouvrer la santé par l’Apprentissage du Kendo. Brusquement ma nomination comme directeur de section me causa quelque perplexité. Non pas tellement à cause de mon inexpérience en Kendo, car très antérieurement j’en avais plus ou moins pratiqué à l’école de l’armée de terre. Simplement ce n’était pas du Kendo mais du Kenjutsu; et plus exactement du » sabre de guerre à deux mains « .
A l’époque féodale des Bushi c’était l’art de guerre type cultivé du maniement du sabre qu’en Bujutsu ils utilisaient dans les affrontements au corps à corps pour anéantir l’adversaire.
A l’époque de mes débuts scolaires il m’a été enseigné par le professeur d’éducation physique de l’école Toyama de l’armée de terre, où celui-ci nous faisait voler comme des plumes avec une force inouïe. Dans la période où j’accédai à l’école d’officier je passai Yudansha; toutefois, après la défaite, je consacrai les vingt qui suivirent au monde des études et ne pris pas le Shinai. Comme dans notre section tous les étudiants étaient vraiment très habiles, mon rôle était essentiellement … de recevoir (!).
Tout de suite je me suis rendu compte que le Kendo actuel et le Kenjutsu passé étaient de nature assez différentes. Le Kendo contemporain est étranger à ce qui était un entraînement du » Kenjutsu de guerre » .
Je pense que les activités comme l’escrime, l’équitation, qui trouvent leur origine dans les disciplines de combat occidentales sont mondialement connues pour essentiellement renforcer le corps et l’esprit, et tournées vers la compétition.
Ainsi je me suis demandé si le Kendo japonais venu du fond des âges ne serait pas lui aussi devenu un sport international.
Evidemment, comme l’approche individuelle du Kendo diffère selon la conscience et le « fond du coeur » (3) de chaque personne accrochée au Kendo, il est probable qu’on ne puisse répondre d’une façon simple à cette question.
Par ailleurs, la plupart des choses, comme le matériel de Kendo son armure et son Shinai, ses cibles de frappe, les relations de courtoisie, ressemblant encore actuellement à ce qui existait jadis, qui sont utiles à la formation de la force physique, de l’énergie du courage, constituent de nombreux points communs importants, il est probable que grâce à ceux-ci, même des profanes comme moi instruits du style Kenjutsu puissent relativement facilement accéder au » Kendo d’amitié » (4).
Le Kendo devait-il se diriger vers une forme de sport de nature internationale? Devait-il conserver son caractère national de Budo traditionnel japonais? Ou bien devait-il être l’objet d’un raisonnable amalgame de ces deux possibilités?
En tout cas, en attendant que le temps fasse office et que les spécialistes planchent sur le sujet, je me suis avant tout rendu au Dojo où j’ai transpiré tout mon saoul aux entraînements.
Trente ans ont passé. En dehors de mes cours de droit international, mes conférences de doyen de faculté,, mes réguliers conseils d’administration, j’arrive entre toutes ces charges absorbantes à me faufiler régulièrement au Dojo … et même depuis que je suis professeur honoraire.
Sans prétendre à un grade ni participer aux Shiai , c’est avec passion que je me consacre uniquement au Keiko avec les étudiants. J’ignore si je suis devenu » bon » ou pas, mais il m’arrive encore souvent d’être touché par d’adroits tireurs. Malgré cela, le jeune T… 4è Dan, en fin d’études, me fit bien plaisir lorsqu’il me demanda si j’étais parvenu au 8è Dan …
Que j’aie pu de moi-même tant soit peu progresser me laissa perplexe, et me parut aussi inexplicable que drolatique.
Grâce à la sollicitude des gens de mon entourage, à commencer par notre entraîneur, le mal disparut, et je suis très reconnaissant aux médecins qui m’ont suivi, d’ailleurs assez surpris de mon durable état de santé.
« Arigatakikana, Kendo « , merci au Kendo.
Il devrait me rester assez à vivre, et la tâche qui me reste encore à accomplir en ce monde, je désire la réaliser avec parallèlement le bonheur de faire le Keiko de Kendo.
Notes du traducteur:
(1): » Arigatakikana Kendo «
(2): Prénom à confirmer
(3): Kokoro no uchi: intérieur du coeur/esprit
(4): Kendo qui rapproche les pratiquants
Traduction Georges Bresset,
achevé le 5 juillet 2001
