La tenue et l'armure
Sommaire
Le Keikogi
La veste est appelée Keiko-gi (mais aussi Kendo-gi). Le Keikogi est une veste de coton surpiqué assez épaisse, qui arrive généralement à mi-cuisse. Elle couvre les bras et le tiers supérieur des avant-bras.
La coupe de la veste est adaptée aux caractéristiques de l’armure qui lui est superposée (manches courtes pour ne pas gêner le positionnement des Kote), et au fait qu’elle est associée au Hakama, un pantalon largement ouvert sur les côtés (la veste est donc longue et fendue à l’arrière). Elle se croise devant et se ferme par l’intermédiaire de deux cordons, qui permettent de bien fermer la partie supérieure et antérieure — un supplément de protection contre la technique Nodo-Tsuki (pique à la gorge).
Le Keikogi présente généralement des zones de surpiqûre, qui, outre l’effet décoratif, permettent au vêtement d’absorber la sueur et de sécher plus vite.
Le Hakama
Le pantalon est le Hakama. Vêtement traditionnel japonais, c’est un pantalon large, plissé (deux plis à gauche, trois à droite), en pur coton pour ceux de grande qualité, ou en matières synthétiques ou en mélange coton-synthétique.
Traditionnellement, le Hakama de Kendo est bleu indigo pour les hommes et blanc pour les femmes. De même, le Kendogi traditionnel est bleu indigo ou blanc. Le Kendogi des enfants est souvent blanc avec un motif surpiqué en forme de losanges.
Un vêtement de Kendo traditionnel en coton est teint avec de l’indigo naturel, ce qui présente l’inconvénient, lorsqu’il est neuf, de déteindre fortement. Pour réduire cet inconvénient et « fixer » la teinture, le « truc » classique est de le laisser tremper environ 30 minutes dans de l’eau tiède fortement salée (du genre eau de la Méditerranée), additionnée d’un demi-litre de vinaigre blanc.
Le Hakama porté tel quel n’est pas très bien adapté au combat — toute personne ayant déjà essayé de monter un escalier avec un Hakama vous le confirmera. On entend aussi souvent qu’il permettrait de dissimuler le mouvement des pieds : c’est peut-être le cas sur un plancher bien lisse d’un bon dojo, mais en terrain accidenté, le problème est plutôt de ne pas se prendre les pieds dedans que de les cacher à l’adversaire.
D’un point de vue pratique, les guerriers japonais (Bushi) de l’époque féodale le portaient les jambes resserrées dans le bas. Cet usage a été conservé dans le monde des arts martiaux traditionnels japonais, donc naturellement dans le Kendo. La qualité de nos surfaces modernes d’évolution ne nécessite cependant pas de le relever : on le porte donc tombant naturellement le long des jambes.
L’armure Bogu
Contrairement à d’autres arts martiaux où les frappes ne sont pas réellement portées, au Kendo elles le sont. L’armure Bogu (prononcer « bogou ») protège donc les points du corps sur lesquels les frappes sont autorisées : la tête, la gorge, les poignets et les flancs.
Le Men
Le masque est appelé le Men (prononcer « mèn »). Une grille métallique (13 à 15 barres horizontales selon la dimension de la tête) protège le visage et les yeux ; la protection de la gorge est assurée par une languette de cuir épaisse et résistante. Une large bande, composée d’un assemblage soigneusement compressé et piqué de nombreuses couches de tissu, protège la tête d’une épaule à l’autre.
Le Tenugui (prononcer « tenugu-i ») est un rectangle de coton fin destiné à être enroulé autour de la tête sous le masque. Son rôle est essentiellement d’absorber la transpiration. Les Tenugui ont généralement des motifs décoratifs imprimés ; un modèle spécifique est diffusé lors de chaque grande manifestation.
Le Tare
Le Tare (prononcer « taré ») est la protection du bas-ventre, du haut des cuisses et des hanches. Habituellement, le nom du Kendoka ainsi que celui de son club (c’est une obligation pour la compétition) sont inscrits sur une petite housse appelée Zekken, que l’on enfile sur le pan central du Tare.
Le Do
La protection du tronc est assurée par le Do qui, une fois attaché à l’aide de quatre lacets (Do Himo), doit recouvrir la ceinture du Tare — essentiel pour la sécurité. Le Do de qualité supérieure se compose de lames de bambou (jusqu’à 60 pour la très haute qualité), recouvertes de cuir puis de laque ; les Do de qualité ordinaire sont en fibre de verre. Les deux parties latérales du Do sont les cibles de la coupe latérale appelée « Do ». La partie recouvrant le cœur, appelée le Mune (prononcer « mouné »), est dans certains cas une cible autorisée pour le Tsuki.
Les Kote
Les Kote (prononcer « koté ») protègent les mains et les poignets. Les Kote de qualité supérieure ont un rembourrage en poils de daim, tandis qu’on utilise du coton et des matières synthétiques pour des Kote bas de gamme. La partie du Kote protégeant le poignet est réalisée de la même façon que la bande latérale de protection du Men. L’intérieur d’un Kote est en peau de daim fumée dans les Kote de qualité supérieure.
