Le Nihon Kendo Kata
Sommaire
Origine
Autrefois, chaque école de Kendo avait, en fonction de la spécificité de ses techniques et expériences, ses propres kata, dont l’unique but était de permettre aux élèves d’acquérir diverses techniques destinées à tuer efficacement l’ennemi sur un champ de bataille. Toutefois, tous ces kata avaient tendance à manquer de fondement théorique.
Dans le but d’établir un kata qui aurait une validité « universelle » et servirait de base à l’enseignement général du Kendo, tant en pratique qu’en théorie, il fut créé en 1911 un comité composé des 25 meilleurs experts de Kendo.
Après plusieurs mois d’études et de discussions approfondies par ce comité, il fut publié en 1912 le Nihon Kendo Kata, tel qu’il est pratiqué actuellement, ou du moins à peu près, car il a été modifié partiellement depuis, à plusieurs reprises.
But
Le Nihon Kendo Kata a pour but de faciliter, à travers cet exercice, l’acquisition et le perfectionnement de :
- Rei : la manière de se comporter dans le dojo, à l’égard de l’adversaire, etc.
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Les principes fondamentaux du Kendo :
- Tai-sabaki : déplacement du corps
- Teno-uchi : tenue du sabre
- Metsuke : orientation du regard
- Kamae : gardes
- Maii : distances physique et psychique
- Kiai : forces mentales qui se concrétisent par un cri aigu et fort
- Tsuki : occasions d’attaque ou de contre-attaque
- Précision d’un datotsu : coup porté à l’adversaire
- Ki-Ken-Tai no Ichi : simultanéité des forces mentales, du coup de sabre et du mouvement du corps
- Zanshin : vigilance après attaque ou contre-attaque
- Kihon waza (techniques d’attaque) et Oji waza (techniques de contre-attaque)
- Un état d’esprit contribuant à une progression technique, tel que concentration, lucidité, placidité, perspicacité, vigueur, vivacité, etc.
- Kigurai : dignité résultant d’une confiance et d’une fierté de soi-même, développées par l’entraînement de l’esprit et du corps.
Pratique
Le kata se pratique par deux partenaires, qui tiennent chacun un rôle différent. Le rôle d’Uchidachi (attaquant), tenu normalement par le plus gradé, consiste à prendre l’initiative et à aider le Shidachi (contre-attaquant) à tenir son rôle principal avec efficacité.
L’Uchidachi pousse un kakegoe « YAH ! » lors de l’attaque, alors que le Shidachi pousse un « TOH ! » au moment de la contre-attaque.
L’ashi-sabaki (déplacement des pieds) se fait toujours en suri-ashi (glissement des pieds), mais sans faire de bruit. Tous les mouvements corporels et l’état d’esprit des deux partenaires doivent être maintenus en parfaite harmonie tout le long du kata.
En tout état de cause, le kata ne doit pas être considéré comme un simple jeu de rôles : il ne suffit pas de mémoriser et d’exécuter machinalement, par ordre, les mouvements qui le composent. Il faut aller au-delà des mouvements et des formes imposées, car l’état d’esprit des pratiquants n’est nullement imposé.
En d’autres termes, il faut pratiquer le kata avec concentration, détermination et sérieux, et s’efforcer d’y faire refléter un sens de la réalité, le kigurai des pratiquants, et la grandeur même du Kendo.
Il est à présent clair que la pratique du kata, ainsi définie, est d’autant plus difficile qu’il est composé de mouvements aux formes les plus pures et les plus simples.
