Les armes du kendo

Les trois armes utilisées au Kendo

Le Shinai

Le Shinai est utilisé pour les combats en armure. Un bambou est tout d’abord découpé longitudinalement en quatre lames, lesquelles sont ensuite rassemblées et soigneusement ajustées. Une pièce de caoutchouc, en forme de T (Sakigomi), maintient séparées les lames à une extrémité.

Cette extrémité est coiffée d’un capuchon de cuir épais (Sakigawa) et forme la pointe du Shinai. L’autre extrémité, la poignée, est recouverte par un étui en cuir fin (Tsukagawa).

La cohésion du Shinai est renforcée par un lacet en cuir (Nakayui) noué autour des quatre lames et placé environ au tiers de sa longueur en partant de la pointe. Une cordelette
de nylon (Tsuru) relie la pointe au manchon, assurant l’assemblage de l’ensemble. Le Tsuru symbolise aussi le côté non tranchant du sabre.

Du fait de ce mode de montage, le Shinai se plie à l’impact et le frottement des lames entre elles absorbe une partie de l’énergie. Ce sont ces effets combinés qui rendent ainsi les frappes non douloureuses.

Le Bokken

Le Bokken, ou sabre en bois, est taillé dans du bois dur, par exemple du chêne blanc japonais, bien qu’on puisse en trouver dans une grande variété de bois exotiques. Le Kendoka utilise le Bokken lors des nombreux exercices de l’entraînement, et dans les Kata de Kendo.

Le Katana

Le Katana, sabre tranchant, est le véritable sabre japonais. Il n’est pas utilisé lors des entraînements ordinaires de Kendo, car trop dangereux. Lors des démonstrations de gala, les pratiquants hauts-gradés l’utilisent pour démontrer les Kata de Kendo.

L’entretien du Shinai

Lorsqu’il est mal entretenu, le Shinai peut devenir dangereux. En effet, des lames de bambou ébréchées constituent des parties contondantes susceptibles de rentrer dans la peau, ou pire dans les yeux. Le Shinai doit donc être régulièrement vérifié, hydraté, poncé et huilé pour éviter qu’il ne se casse pendant les combats.

Un Shinai neuf ne doit pas être utilisé tel quel. On doit le démonter et le polir avec du papier de verre (casser les angles des lames de bambou pour que les lames roulent bien les unes sur les autres). Il est aussi conseillé d’humidifier les lattes de bambou (Take) puis de les enduire d’huile (de lin par exemple… mais beaucoup utilisent l’huile de cuisine ou l’huile de vaseline).

Pour les raisons évoquées ci-dessus, il est souhaitable de ranger ses Shinai dans la pièce la plus humide de la maison après chaque entraînement. La salle de bain serait bien adaptée… mais ce n’est en général pas l’avis de la maîtresse de maison…

Le montage d’un Shinai neuf suit toujours le même principe : les quatre lames de bambou sont assemblées et maintenues à une extrémité par le Sakigomu (la pièce de caoutchouc en T), lui-même coiffé du Sakigawa (le capuchon de cuir formant la pointe). Le Tsuru, la cordelette qui relie la pointe à la poignée, est passé dans la boucle du Tsukagawa puis dans sa propre boucle côté pointe, puis tendu et enroulé avant d’être bloqué. Le Nakayui, le lacet de cuir qui assure la cohésion des quatre lames au tiers de leur longueur, est ensuite noué et vient se caler sur le Tsuru grâce à un petit nœud d’arrêt prévu à cet effet. Le Tsukagawa, enfin, est enfilé sur la poignée. Un montage propre et bien tendu est une condition de sécurité aussi importante que le ponçage et l’huilage évoqués plus haut.

Tailles et poids réglementaires pour un Shinai


Itto Shinai (utilisation d’un seul Shinai)

12 à 15 ans 15 à 18 ans plus de 18 ans
Longueur (H/F) inf. à 114 cm inf. à 117 cm inf. à 120 cm
Poids (H) > 440 g > 480 g > 510 g
Poids (F) > 400 g > 420 g > 440 g
Diamètre (H) >= 25 mm >= 26 mm >= 26 mm
Diamètre (F) >= 24 mm >= 25 mm >= 25 mm

Nito Shinai (utilisation de deux Shinai, plus de 18 ans)

Daito Shoto
Longueur (H/F) <= 114 cm <= 62 cm
Poids (H) > 440 g entre 280 et 300 g
Poids (F) > 400 g entre 250 et 280 g
Diamètre (H) >= 25 mm >= 24 mm
Diamètre (F) >= 24 mm >= 24 mm