Qu'est-ce que le kendo?
La voie du sabre
Le Kendo est l’escrime au sabre japonais.
Le mot Kendo est formé du caractère Ken, qui signifie sabre ou épée, et du caractère Michi, qui signifie route, chemin, voie. C’est la raison pour laquelle il est souvent traduit par « la Voie du Sabre ».
Cette escrime japonaise a pris sa forme actuelle à la fin du XIXe siècle et est devenue, quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une discipline de compétition internationale.
(début de l'ère Meiji).
L’origine
L’origine de cet art martial se situe tout d’abord dans les combats auxquels se livraient les guerriers japonais sur les champs de bataille, combats qui jalonnent l’histoire du Japon du XIe au XVIIe siècle ; puis dans les innombrables écoles (Ryu) où se perfectionnaient les Bushi (aussi appelés Samouraï), réduits à l’inactivité guerrière pendant la période de paix que les shôgun Tokugawa firent régner jusqu’au milieu du XIXe siècle.
L’occidentalisation du Japon lors de la restauration du pouvoir impérial en 1868 eut pour conséquence le déclin de la pratique du sabre durant une décennie environ.
Puis, au nom des vertus qui étaient attachées à cette pratique du sabre, la tradition fut renouée avec l’élaboration du Kendo, conçu à partir des techniques les plus épurées des anciennes pratiques martiales : le Kenjutsu.
Une pratique accessible
Le Kendo se pratique pieds nus, idéalement sur un plancher offrant une certaine élasticité. Dans certaines municipalités où ce type de surface n’est pas disponible, les tatamis de judo peuvent être utilisés en remplacement.
Ce rapport du japonais avec le sabre, profondément ancré dans sa culture, explique que le Kendo soit resté une discipline très pratiquée au Japon, où il existe de nos jours environ 10 millions de licenciés.
Le Kendo peut être pratiqué sans distinction de sexe ou d’âge, quel que soit le gabarit de l’individu. Des Kendoka de sexes, d’âges et de capacités physiques très différents peuvent tout à fait valablement s’opposer : des professeurs ayant allègrement dépassé les 70, voire les 80 ans, mènent souvent la vie dure à des combattants plus jeunes, même très expérimentés. Pratiqué dans un environnement adapté, sous le contrôle d’un encadrement compétent, le Kendo génère très peu d’accidents et de traumatismes.
Le Kendo est-il une activité à risque ?
Comparé à d’autres arts martiaux d’opposition dans lesquels, comme au Kendo, le combat est réel et non simulé, le Kendo est probablement celui dans lequel on observe le plus faible nombre d’accidents et de blessés.
Cela est dû au fait qu’en Kendo, les actions de combat se font sans chutes, sans torsion sous tension des articulations (type Arm-lock du Judo), et que l’ensemble des articulations fonctionne dans ses axes naturels de rotation. Il est ainsi très courant de voir des Kendoka d’âge avancé (75 ans, c’est classique au Kendo) pratiquer très valablement contre des partenaires beaucoup plus jeunes.
L’un des plus gros risques reste la déchirure, plus ou moins grave, du tendon d’Achille (ou du mollet), celui de la jambe gauche en particulier étant très sollicité. Cet accident reste exceptionnel, et dû le plus souvent à une hydratation insuffisante lors de l’entraînement, à une alimentation déséquilibrée, ou au surentraînement des Kendoka de haut niveau.
Le coup de Shinai d’un pratiquant expérimenté qui touche sa cible sur une armure de bonne qualité n’est pas douloureux. Une frappe appliquée avec beaucoup de raideur, ce qui est une caractéristique courante chez les débutants, peut être un peu douloureuse, surtout si l’armure est vieille et un peu molle — mais en pratique, c’est surtout le professeur qui souffre. La conception du Shinai est adaptée au fait que les coups sont réellement portés : il se plie et absorbe l’énergie du choc, même à côté de la cible. Une frappe qui rate l’armure ne risque donc de causer qu’une simple contusion… et parfois la mauvaise humeur de celui qui la reçoit.
Les apports du Kendo
Le Kendo favorise la prise de conscience de son propre corps. Les impératifs de l’assaut mettent en œuvre des mécanismes très fins de concentration, de vigilance, de perception et d’ajustement des réponses aux sollicitations de l’adversaire.
Les séquences gestuelles effectuées au cours de l’apprentissage ou du perfectionnement, de par le rythme et le volume exigés, représentent une réelle et intense activité physique et sportive.
L’habitude de se confronter aux autres concrètement — et jusqu’à un âge avancé, puisque la pratique non traumatisante du Kendo permet une longévité sportive exceptionnelle — apparaît comme un facteur très intéressant de maîtrise des émotions, de capacité à gérer une opposition, et de canalisation de l’agressivité.
Le Kendo, au-delà du formalisme ou du folklore, a conservé une étiquette spécifique, indispensable témoignage du respect mutuel qui est l’aboutissement de la pratique de cette discipline.
