Secret de longévité

Note du Webmestre:
Beaucoup de mot japonais du langage « Kendoïstique » standard ne sont pas repris dans les « notes du traducteur » mises à la fin du texte. Le lecteur peut utilement se reporter au « lexique japonais-français du Kendo » du présent site WEB.

Mot du traducteur:
La diversité des sensibilités exprimées par les rédacteurs successifs de ces éditoriaux mensuels, montre parfaitement que –comme toutes les autres disciplines constituant le budo- le kendo est tel une auberge espagnole; et que la qualité des « valeurs » dont on peut se réclamer ou appeler de ses vœux, est fonction uniquement de la qualité et du choix de ceux qui les exposent et les pratiquent.

« Certes, cet article n’est pas de fraîche date : il est du samedi 18 novembre 2000, et extrait du « MIYASAKI Nichi ». Toutefois si je puis dire, le sujet n’a pas d’âge, méritoire par son exemple. »

Georges Bresset : Traduction août 2003 – canicule…

« A 104 ans, grand-père Shigetaro ne manque jamais ses suburi au bokuto »

Grand’pa SHIGETARO, Monsieur Shigetaro HIDAKA, est le doyen de YAKUSHIMA (1). Né le 2 mars de l’an 29 de Meiji (1897), il a 104 ans révolus.
Jusqu’à 99 ans, il travaillait son jardin chaque jour toute la matinée. Le dos bien droit, en tenue de travail, sac au dos, d’une allure aux larges enjambées, en route vers son jardin, sa silhouette ne laisse rien deviner de ses 90 ans, sinon peut-être qu’il fut fantassin en son temps.
Selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé portant sur l’effet de la santé sur la durée de vie, le Japon est en tête du classement mondial avec 74-75 ans, et grand’pa Shigetaro veut, grâce à sa santé, continuer son existence comme P.D.G. de l’usine de longévité!
Comme il vit seul depuis la disparition de son épouse il y a 25 ans, il s’occupe de tout lui-même; il prépare ses repas, range, entretient ses vêtements, tient son journal personnel et son carnet de dépenses. Depuis quelques temps une aide ménagère vient 2 fois par semaine pour faire le ménage, les courses, et faire sa lessive. Trois fois par semaine, pour 400 yens (4 euros environ), il prend ses repas dans une demi-pension, ce qui lui donne moins de peine.

Alors, beaucoup de nos concitoyens se demandent quelle vie simple a mené cet homme pour parvenir à cet âge.

A 104 ans aujourd’hui, grand’pa shigetaro fait tous les matins sa gymnastique, ses suburi au bokuto, et des mouvements d’assouplissement avec des pierres en main. Puis, après s’être lavé visage et membres, il se frictionne le corps à l’eau froide à l’aide d’une serviette.
Revenu au calme, il adresse une prière aux boudhas.
Telle est sa règle régulière de vie.
Quand au thé, le matin il boit du thé vert, à midi du thé de riz non décortiqué (genmai), et le soir du thé « rouge » (Kocha), une tasse à chaque fois. Il ne mange pas entre les repas. Pour grand’pa Shigetaro il est évident que le maintient de sa santé tient à cette régulière règle de vie quotidiennement répétée.
Mais a-t-il entretenu cette force de vie innée?

En 36 de Meiji (1904), année où, jeune garçon, Shigetaro entra à l’école primaire, le professeur IWAKAWA Masakichi (2) originaire de Yakushima, ses études à l’école normale de Kagoshima achevées, rejoignit son pays.
Muté une fois, il fut à nouveau affecté, mais comme directeur cette fois, à l’école que Shigetaro fréquentait.
Sa santé, ce sont les bases de la morale individuelle de l’instruction reçue en primaire, et les pédagogues à l’époque appliquaient eux-même cette éthique personnelle.
Dominant par ses brillants résultats, le jeune Shigetaro a indéniablement été imprégné de l’enseignement de ce professeur populaire.

Grand’pa s’est pris en mains, et a par lui-même mené au plus haut terme sa longévité. A 95 ans, dans un courrier destiné à l’école de ses débuts, il a écrit ceci: « le premier pas vers le bonheur, c’est la santé. Du haut de mon record de longévité, je veux continuer à appliquer les règles de base de la santé ».
On dit qu’aujourd’hui, parmi les écoliers même, la maladie des vieillards se généralise; savons-nous prendre conscience que les nonagénaires, les centenaires, sont sans exeption des natifs de l’ère Meiji ? (1868-1911)

(1) Île de Yaku, au sude de la baie de Kagoshima (Kyushu)
(2) prénom à confirmer. Cet homme semble célèbre dans sa région.